Trois statuts, trois jeux de droits

Free zone, mainland ou offshore : à quoi chaque structure vous autorise vraiment

Free zone, mainland, offshore : quiconque se renseigne sur une installation aux Émirats arabes unis tombe sur ces trois termes en quelques minutes. Derrière chacun se cache un statut juridique à part, avec ses propres droits, et c'est sur ces droits qu'il faut trancher, pas sur le tarif annoncé en premier. Aux Émirats, Zone Setup immatricule des sociétés de free zone : voici pourquoi, et dans quels cas nous vous dirons d'aller ailleurs.

Mis à jour le 15 octobre 2026 par Clément, de l'équipe Zone Setup

Une seule ligne du tableau mérite votre attention si vous êtes pressé : celle du visa de résidence. La plupart des déconvenues que nous voyons arriver partent de là.

Côte à côte

Ce que chaque régime permet, critère par critère

Votre besoin Free zone Mainland Offshore
Visa de résidence Oui, ouvert par la licence Oui, ouvert par la licence , jamais
Emirates ID Oui, remis à la suite du visa Oui, remis à la suite du visa , faute de visa
Compte bancaire La société peut déposer une demande, la banque tranche. Compte personnel de résident possible grâce à l'Emirates ID La société peut déposer une demande, la banque tranche. Compte personnel de résident possible grâce à l'Emirates ID : la plupart des banques locales refusent un compte société quand le dirigeant n'a pas d'Emirates ID. Pas de compte personnel de résident
Clients aux Émirats Aucune limite pour facturer à l'étranger. Pour vendre des biens dans le pays, il faut un importateur ou un distributeur mainland Le marché local est ouvert en direct : particuliers, sociétés, marchés publics : aucune activité commerciale dans le pays
Bureau physique Une adresse professionnelle déclarée à l'Ejari. Dans nos dossiers, un poste en bureau partagé dans la free zone Un vrai local, avec un bail déclaré à l'Ejari. Plus la surface est grande, plus la société peut porter de visas Aucun local. On utilise l'adresse de l'agent enregistré
Propriété du capital 100 % étrangère 100 % étrangère pour la majorité des activités depuis la réforme de la loi sur les sociétés commerciales, hors activités à impact stratégique 100 % étrangère
Fiscalité applicable Corporate tax de 9 % sur le bénéfice annuel au-delà de 375 000 AED ; 0 % possible sur les revenus qualifiés en free zone, si les conditions sont remplies Corporate tax de 9 % sur le bénéfice annuel au-delà de 375 000 AED Société immatriculée aux Émirats : elle entre donc dans le champ de la corporate tax

Nous laissons vide toute case que nous ne pouvons pas affirmer. Taux applicables aux Émirats en 2026, qui peuvent changer.

Offshore

Une offshore ne fait de personne un résident

De toutes les confusions, c'est la plus coûteuse, et presque aucune page en français ne la signale. L'offshore est une structure de détention : statuts, certificat de constitution, actionnaires, rien de plus. Le droit de séjour n'en fait pas partie.

Concrètement, celui qui l'achète n'aura pas de permis d'entrée, pas de changement de statut, pas de visite médicale, pas de prise d'empreintes, pas d'Emirates ID. Et sans Emirates ID, les portes se ferment en cascade : pas de compte personnel de résident, pas de bail signé à son nom, pas de permis de conduire local. Il possède une société en règle et, sur place, il n'existe pour aucune administration.

On tombe facilement dans le piège. Les vendeurs d'offshore mettent en avant une société émirienne, un capital entièrement étranger, l'absence d'impôt sur le revenu : rien de faux. Simplement, le mot visa n'apparaît nulle part, et le lecteur qui survole imagine le reste.

Avant tout paiement, chez nous comme ailleurs, demandez-le noir sur blanc. La question tient en une phrase : « Cette structure me donne-t-elle droit à un visa de résidence et à un Emirates ID ? » Si l'on vous répond en parlant de banque ou de rapidité d'immatriculation, vous avez votre réponse.

L'offshore a pourtant sa place : porter les parts d'une autre société, détenir un bien, abriter des droits de propriété intellectuelle. Ce n'est simplement pas un produit que nous créons ni que nous revendons.

Mainland

Les cas où le mainland s'impose

Aux Émirats, nous n'immatriculons que des sociétés de free zone. Mieux vaut donc vous dire d'emblée quand votre projet relève d'un autre circuit.

Une licence mainland est délivrée par le département économique d'un émirat et vous ouvre le marché local sans intermédiaire. Vous visez des particuliers ou des sociétés implantés dans le pays, vous ouvrez une boutique, un restaurant, un atelier ? C'est elle qu'il vous faut. Plusieurs activités réglementées n'existent d'ailleurs que sous ce statut, et aucune free zone ne permet de passer outre.

Ce choix a un prix.

Des locaux bien réels

Couverts par un bail déclaré.

Des mètres carrés

Dont dépend le nombre de visas autorisés.

Un coût annuel

Sans commune mesure avec une free zone des Émirats du Nord.

Côté capital, un étranger peut désormais détenir 100 % de sa société mainland dans la plupart des activités ; seule une liste d'activités dites à impact stratégique reste encadrée. Bien des sites francophones présentent encore l'obligation d'un associé local majoritaire, qui a cessé d'être la règle générale.

Si votre projet entre dans ces cas, signalez-le dès le premier échange. Nous aimons mieux renoncer à un dossier que vous facturer une licence inutile.

Free zone

Le terrain de la free zone

Avec une licence de free zone, vous facturez depuis les Émirats, vous détenez tout le capital et vous avez accès au visa de résidence. C'est sur ce régime que nous montons vos dossiers, en l'adaptant à votre profil : la licence seule, ou la société avec un visa de résidence, avec les frais de l'État, ceux de la free zone et notre accompagnement réunis. Chaque étape, de la réservation du nom jusqu'à l'inscription à la corporate tax, s'affiche dans votre espace client au fur et à mesure.

Elle a aussi ses bornes. Pour écouler des marchandises dans le pays, il faut un importateur ou un distributeur mainland, et les droits de douane s'ajoutent. Quand il s'agit de services vendus à des sociétés émiriennes, la pratique est plus ouverte et varie selon l'activité inscrite sur la licence.

Posez la question avant de fixer vos activités : une erreur de code se paie à deux reprises, d'abord quand la banque refuse, ensuite quand il faut modifier la licence.

Dernière borne, l'adresse. Votre licence vient d'une free zone des Émirats du Nord, et c'est là qu'est déclarée votre adresse professionnelle : la société est émirienne, elle n'est pas domiciliée à Dubaï. Vos droits restent identiques partout dans le pays. Mais si vous tenez à voir Dubaï sur vos documents officiels, notre offre ne vous conviendra pas.

Et si votre activité regarde surtout vers l'Asie, ou si vous voulez une tenue de comptes suivie après la création, nous couvrons aussi Hong Kong et la comptabilité : un même interlocuteur pour l'ensemble.

L'objection

« Une offshore me revient bien moins cher »

C'est exact, et l'écart reflète ce que vous recevez. Avec une offshore, rien de tout cela n'intervient : establishment card, e-channel, permis d'entrée, changement de statut, centre médical, biométrie, assurance santé obligatoire. Aucune démarche n'a lieu sur le territoire, donc aucune dépense non plus.

Mettre les deux tarifs côte à côte ne vous dira rien d'utile. Ce qui décide, c'est votre réponse à ceci : devez-vous habiter, être payé et avoir une existence officielle aux Émirats ? Si c'est oui, l'offshore ne vous servira à rien, à n'importe quel prix. Si c'est non, on ne devrait pas vous pousser vers autre chose.

Le plus souvent, deux questions règlent l'affaire.

Vous faut-il une carte de résident et un Emirates ID ?

Dans ce cas, l'offshore est hors jeu, sans discussion possible.

Votre clientèle se trouve-t-elle aux Émirats ?

Alors étudiez le mainland. Dans le cas contraire, une free zone suffit, pour un budget nettement plus léger.

Reste ce que nous ne garantissons jamais, quel que soit le régime. Le compte bancaire n'est pas acquis d'avance : nous préparons le dossier, nous le présentons à des banques partenaires, et c'est leur service conformité qui accepte ou refuse. Tout est expliqué sur la page le compte bancaire professionnel. Pour faire le point sur votre cas, prenez rendez-vous.

FAQ

Vos questions

Je possède déjà une offshore et je veux devenir résident. Comment faire ?

Il vous faut une structure qui ouvre le droit au séjour : une licence de free zone ou de mainland, accompagnée d'un visa. L'offshore peut rester en place et continuer à jouer son rôle. Nous ne reprenons pas de structure existante et nous ne fabriquons pas d'offshore : nous créons pour vous une nouvelle société dans une free zone des Émirats du Nord, point de départ de votre démarche de résidence.

Une société de free zone peut-elle facturer des clients en France ?

Oui, rien n'empêche de facturer à l'étranger, y compris en France. La TVA côté client dépend du type de prestation et du régime de votre client : votre comptable est mieux placé que nous pour y répondre.

Laquelle des trois structures peut ouvrir un compte bancaire ?

Chacune peut présenter une demande au nom de la société, et chaque fois c'est la banque qui décide, selon sa propre politique de conformité. L'écart vient d'ailleurs : sans Emirates ID, pas de compte personnel de résident, et la banque étudie une société dont le dirigeant n'a aucune existence officielle dans le pays.

La fiscalité dépend-elle de la structure choisie ?

La corporate tax émirienne s'élève à 9 % sur la fraction du bénéfice annuel supérieure à 375 000 AED. Les revenus qualifiés en free zone peuvent bénéficier d'un taux de 0 %, sous des conditions strictes expliquées sur la page fiscalité de la société. Votre propre imposition dépend en plus des règles de résidence fiscale de votre pays de départ. Nous vous aidons à y voir clair, sans prendre la place de votre avocat fiscaliste ou de votre expert-comptable.

Une licence mainland facilite-t-elle l'ouverture du compte ?

Aucune statistique fiable ne permet de l'affirmer, et nous n'en fabriquerons pas. Notre expérience de terrain : les refus viennent bien plus souvent d'un code d'activité qui ne colle pas au métier réel du client que du régime de la licence. C'est pourquoi nous vérifions vos activités avec vous avant tout dépôt.

C'est quoi une société offshore ?

C'est une société de détention enregistrée aux Émirats auprès d'un registre offshore, par exemple celui de Jebel Ali (JAFZA) à Dubaï ou le RAK ICC à Ras Al Khaimah. Chez JAFZA, elle obtient un certificat de constitution mais pas de licence commerciale, et elle ne peut pas commercer avec des personnes installées aux Émirats. Elle ne donne droit à aucun visa de résidence. On s'en sert pour détenir des parts, un bien ou une propriété intellectuelle : lire une offshore ne fait de personne un résident.

Comment ouvrir une société offshore à Dubaï ?

On passe obligatoirement par un agent enregistré (registered agent) habilité par le registre : JAFZA à Dubaï, ou le RAK ICC à Ras Al Khaimah. L'agent soumet la demande, les statuts et les documents des actionnaires, comme le décrit le guide de JAFZA. Ce n'est pas un service que nous proposons. Si vous voulez vous installer aux Émirats, la bonne piste est une société de free zone avec visa : créer une société avec visa.

Société offshore : avantages et inconvénients ?

Côté avantages : une structure simple, à capital 100 % étranger, sans local ni présence physique, pratique pour détenir des parts, un bien ou des droits. Côté inconvénients : ni visa ni Emirates ID, aucune activité commerciale dans le pays, un compte bancaire très compliqué à obtenir sans dirigeant résident, et une société soumise à la corporate tax émirienne autant qu'aux règles fiscales de votre pays. Le détail figure dans le tableau des droits.

À lire ensuite

Lancer votre société en free zone

Décrivez la société et ses associés, envoyez vos pièces : nous démarrons les démarches dès réception du virement.

Sur le même sujet : quelle free zone choisir, créer une société à Ajman, Ras Al Khaimah et RAKEZ.