Fiscalité personnelle
Impôts à Dubaï quand on est français : résidence fiscale, convention et ce qui reste dû en France
Les Émirats ne prélèvent pas d'impôt sur le revenu des personnes physiques. Pour un Français, cela ne joue que s'il a cessé d'être résident fiscal de France. Cette page explique quand on cesse de l'être, ce que dit la convention de 1989 et ce que la France impose encore après le départ, textes officiels à l'appui.
Mis à jour le 15 octobre 2026 par Clément, de l'équipe Zone Setup
Lisez ceci d'abord. Zone Setup crée des sociétés et obtient des visas aux Émirats. Nous ne sommes ni avocats fiscalistes ni experts-comptables, et nous ne tranchons pas votre résidence fiscale. Faites étudier votre cas par un avocat fiscaliste français avant de partir : l'exit tax, par exemple, se prépare des mois à l'avance.
Côté Émirats
Impôts à Dubaï pour expatriés français : ce que l'on paie vraiment
Aux Émirats, un particulier ne paie pas d'impôt sur son salaire, ses placements personnels ni ses revenus immobiliers personnels aux Émirats : la décision du Conseil des ministres n° 49 de 2023 les exclut de la corporate tax. Une activité exercée en nom propre n'y devient imposable qu'au-delà d'un million de dirhams de chiffre d'affaires sur l'année civile.
Votre société paie la corporate tax, 9 % au-delà de 375 000 AED de bénéfice, QFZP sous conditions : voyez l'impôt sur les sociétés à Dubaï. Pour un Français, la vraie question est ailleurs : la France vous tient-elle encore pour résident ?
Article 4 B du CGI
Résidence fiscale à Dubaï : quand cesse-t-on d'être résident français ?
Vous restez résident fiscal français dès que vous remplissez un seul des trois critères de l'article 4 B du code général des impôts : votre foyer ou votre lieu de séjour principal est en France, vous y exercez votre activité professionnelle, ou vous y avez le centre de vos intérêts économiques. Une carte de résident émirienne n'y change rien.
Le foyer ou le lieu de séjour principal
Le lieu où vous vivez habituellement avec votre famille. Le séjour principal ne sert que si le foyer ne peut être déterminé. Conjoint et enfants restés en France : le foyer y reste en principe.
L'activité professionnelle
Une activité en France, salariée ou non, suffit, sauf si elle y est accessoire. Diriger votre société émirienne depuis Lyon, c'est exercer en France.
Le centre des intérêts économiques
Le lieu de vos principaux investissements ou d'où viennent l'essentiel de vos revenus.
Domiciliation fiscale à Dubaï : ce qu'une adresse ne fait pas
Une adresse à Dubaï, un bail à l'Ejari, une société et un visa ne déplacent pas votre domicile fiscal. Ce sont des pièces, que l'administration met en balance avec des faits : où vit votre famille, où vous travaillez, d'où viennent vos revenus. Un seul rattachement à la France suffit pour que la question passe à la convention.
Convention de 1989
Convention fiscale France-Émirats : qui tranche en cas de double résidence ?
La convention signée à Abou Dabi le 19 juillet 1989, modifiée par l'avenant du 6 décembre 1993 puis par la convention multilatérale de l'OCDE, départage une personne résidente des deux pays. Son article 4 examine, dans cet ordre, le foyer d'habitation permanent, le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel, puis la nationalité.
Est résident des Émirats, pour la convention, toute personne qui y est domiciliée ou établie. Chaque étape ne sert que si la précédente ne tranche pas.
| Étape | La question posée par l'article 4, paragraphe 2 |
|---|---|
| 1 | Où disposez-vous d'un foyer d'habitation permanent ? |
| 2 | Foyer dans les deux pays : où sont vos liens personnels et économiques les plus étroits ? |
| 3 | Où séjournez-vous de façon habituelle ? |
| 4 | De quel pays avez-vous la nationalité ? |
| 5 | Sinon, accord entre les deux administrations. |
Le Conseil d'État l'a appliqué le 20 mars 2023 (n° 452718) à un salarié détaché aux Émirats de 2013 à 2015, dont la famille vivait en France : résident de France au sens de la convention, ses liens y étant plus étroits.
Deux verrous anti-abus. L'article 18 laisse la France appliquer à ses résidents ses règles contre l'évasion fiscale. Et la convention multilatérale refuse tout avantage dont l'obtention était l'un des objets principaux d'un montage.
Federal Tax Authority
Le certificat de résidence fiscale émirien (Tax Residency Certificate)
La Federal Tax Authority délivre ce certificat à la personne qui remplit l'un des trois critères de la décision du Conseil des ministres n° 85 de 2022, en vigueur depuis le 1er mars 2023 : 183 jours de présence sur douze mois consécutifs, 90 jours avec des attaches précises aux Émirats, ou le centre de sa vie aux Émirats.
de présence physique sur une période de douze mois consécutifs.
avec un titre de séjour valide et un logement permanent ou une activité aux Émirats.
résidence habituelle et intérêts personnels et financiers aux Émirats.
La demande se fait sur EmaraTax, avec l'Emirates ID, le passeport et un relevé officiel des entrées et sorties, et une preuve de revenus. Le certificat couvre douze mois au plus, passés ou en cours. Au 15 octobre 2026, la FTA facture 50 AED de dépôt et 1 000 AED pour le certificat électronique d'une personne sans numéro de corporate tax, délivré en dix jours ouvrés. Le titre de séjour du critère des 90 jours, c'est le visa de résidence obtenu par votre société, puis l'Emirates ID.
Ce certificat prouve votre résidence émirienne, pas la fin de votre résidence française. Si la France vous rattache par l'article 4 B, l'article 4 de la convention tranche ; le certificat n'est qu'une pièce.
Après le départ
Fiscalité Dubaï-France : ce qui reste imposable en France
Devenu non-résident, vous n'êtes plus imposé en France que sur vos revenus de source française, et dans la limite de la convention. Les loyers et les plus-values d'un bien situé en France y restent imposables. Les dividendes et les intérêts versés par une société française sont, selon la convention, imposables dans votre seul pays de résidence.
| Revenu | Qui impose, selon la convention | Ce que la France applique |
|---|---|---|
| Loyers d'un bien en France | La France (art. 5) | Taux minimum de 20 %, 30 % au-delà d'un seuil annuel, ou taux moyen sur option ; prélèvements sociaux |
| Plus-value sur un bien en France | La France (art. 11, § 1) | Prélèvement de 19 % et prélèvements sociaux de 17,2 % ; représentant fiscal au-delà de 150 000 € de prix |
| Dividendes d'une société française | Le pays de résidence du bénéficiaire effectif (art. 8) | Retenue de droit interne de 12,8 % tant que la résidence émirienne n'est pas justifiée |
| Intérêts | Le pays de résidence du bénéficiaire effectif (art. 9) | Idem |
| Cession de parts donnant droit à plus de 25 % des bénéfices d'une société française | La France (art. 11, § 3) | Imposition de la plus-value en France |
| Salaire des jours travaillés en France | La France (art. 13) | Imposition de la part correspondante |
| Pensions | Privées : le pays de résidence ; de sécurité sociale : la France (art. 14) | Pensions de sécurité sociale françaises |
Taux relevés sur impots.gouv.fr au 15 octobre 2026, pour un résident hors Union européenne. Ils changent souvent : faites-les confirmer l'année de l'opération.
Article 167 bis du CGI
Exit tax : êtes-vous concerné en quittant la France ?
L'exit tax vise le contribuable qui a été résident fiscal français au moins six ans au cours des dix années précédant son départ et qui détient des titres d'une valeur globale d'au moins 800 000 €, ou représentant au moins 50 % des bénéfices d'une société. Elle impose, au jour du départ, les plus-values latentes de ces titres.
Le sursis sur demande
Le sursis est automatique ou sur demande. Il est sur demande pour un départ vers un État hors Union européenne sans convention d'assistance au recouvrement avec la France : formulaire 2074-ETD et garantie, au moins 90 jours avant le départ.
Le dégrèvement
L'impôt en sursis est abandonné si vous gardez les titres deux ans, ou cinq ans au-delà de 2 570 000 €.
Faites vérifier par votre avocat si le sursis est automatique pour les Émirats avant de fixer votre date de départ : les 90 jours se comptent à rebours.
Démarches
Déclarer son départ : l'année du départ et les suivantes
L'année qui suit le départ, vous déclarez les revenus de l'année du départ sur le formulaire 2042 : ceux perçus du 1er janvier à la date du départ, et ceux de source française perçus ensuite, sur la 2042-NR. Puis le service des impôts des particuliers non-résidents prend le relais, si vous gardez des revenus français.
| Quand | Ce que vous faites |
|---|---|
| Avant de partir | Signaler votre nouvelle adresse dans votre espace Finances publiques. Déposer la 2074-ETD si l'exit tax vous concerne. |
| Printemps suivant | Déclarer l'année du départ : 2042, 2042-NR, et 2047 pour les revenus étrangers d'avant le départ. |
| Ensuite, chaque année | Déclarer aux non-résidents, seulement si vous gardez des revenus de source française imposables en France. |
Votre société
Imposition à Dubaï d'une société dirigée depuis la France
Une société émirienne dirigée depuis la France peut y être imposée. Si les décisions s'y prennent, la convention la rattache à l'État de son siège de direction effective. Un bureau, ou une personne qui y conclut habituellement ses contrats, peut aussi constituer en France un établissement stable, soumis à l'impôt sur les sociétés français.
Autre règle, pour l'associé resté en France : est à régime fiscal privilégié l'entité dont l'impôt est inférieur de 40 % ou plus à l'impôt français (article 238 A), dont le taux normal est de 25 %. À 9 % ou 0 %, c'est généralement le cas.
Article 209 B : la société française qui détient
Une société française qui détient plus de 50 % d'une telle entité est imposée sur sa part de ses bénéfices, sauf activité industrielle ou commerciale effective, sous exceptions.
Article 123 bis : le particulier qui détient
Un particulier domicilié en France qui en détient au moins 10 %, si son actif est surtout financier, est imposé sur sa part des bénéfices, même non distribués.
La convention n'écarte pas ces règles (article 18). Ce qui se fait à distance, et ce qui exige d'être sur place, est trié sur la page créer sa société à Dubaï depuis la France.
En un tableau
Impôts Dubaï 2026 : le récapitulatif
En 2026, un Français devenu résident des Émirats n'y paie pas d'impôt sur son salaire ni sur ses placements personnels. Sa société paie 9 % au-delà de 375 000 AED de bénéfice. La France garde l'impôt sur ses loyers et plus-values immobilières français, et l'exit tax s'il part avec un portefeuille important.
| Repère | Chiffre |
|---|---|
| Impôt sur le salaire, les placements et l'immobilier personnels aux Émirats | Aucun |
| Activité en nom propre aux Émirats, corporate tax au-delà de | 1 000 000 AED de chiffre d'affaires |
| Société émirienne, corporate tax | 9 % au-delà de 375 000 AED |
| Tax Residency Certificate, personne sans numéro de corporate tax | 50 + 1 000 AED |
| Loyers français d'un non-résident, taux minimum | 20 %, puis 30 % |
| Plus-value immobilière française | 19 % + 17,2 % |
| Dividendes français, retenue de droit interne | 12,8 % |
| Exit tax, seuils | 6 ans sur 10 ; 800 000 € ou 50 % |
Ce que nous faisons, et ce que nous ne ferons pas
Nous créons votre société, obtenons votre visa et votre Emirates ID, et enregistrons la société à la corporate tax. Nous ne vous promettrons pas que vous ne paierez plus d'impôts en France : cela dépend de votre famille, de votre travail et de votre patrimoine, pas de votre licence.
Nous ne remplissons pas vos déclarations françaises. Voyez un avocat fiscaliste français avant le départ ; côté émirien, il y a notre offre comptabilité.
FAQ
Questions fréquentes
Est-ce qu'on paie des impôts à Dubaï quand on est français ?
Pas d'impôt sur le revenu aux Émirats sur un salaire ou des placements personnels. Mais si vous restez résident fiscal français, la France vous impose sur tous vos revenus, y compris ceux de Dubaï. Votre société paie la corporate tax.
Combien de jours faut-il passer à Dubaï pour ne plus être imposé en France ?
Aucun nombre de jours ne suffit côté français : les 183 jours sont un critère émirien. La France regarde votre foyer, votre activité et vos intérêts économiques.
Ma famille reste en France, suis-je résident de Dubaï ?
Pour la France, votre foyer y est probablement resté. La convention regarde ensuite vos liens personnels et économiques : c'est ce qui a fait retenir, en 2023, la résidence française d'un salarié détaché dont la famille vivait en France.
Dois-je déclarer mes revenus en France si je vis à Dubaï ?
Oui pour l'année du départ, toujours. Ensuite, seulement si vous percevez encore des revenus de source française imposables en France, comme des loyers, auprès du service des impôts des particuliers non-résidents.
Le Tax Residency Certificate prouve-t-il que je ne suis plus résident français ?
Non. Il prouve votre résidence aux Émirats au sens de leur droit. Si la France vous tient aussi pour résident, c'est l'article 4 de la convention qui départage.
Puis-je garder mon appartement en France ?
Oui, mais un logement gardé à votre disposition peut compter comme foyer d'habitation permanent dans la convention. Loué, ses loyers restent imposables en France. Faites analyser ce point avant de partir.
Sources
Les textes
Ils font foi plus que cette page. Les textes émiriens sont en anglais.
Convention France-Émirats du 19 juillet 1989, version consolidée
Avec l'avenant de 1993 et la convention multilatérale. Résidence (art. 4), dividendes (art. 8), plus-values (art. 11), article 18.
Décret n° 95-798 du 14 juin 1995
Publication de l'avenant du 6 décembre 1993.
BOFiP, BOI-IR-CHAMP-10
Domicile fiscal, article 4 B du CGI.
Conseil d'État, 20 mars 2023, n° 452718
Application de l'article 4 de la convention.
Décision du Conseil des ministres n° 85 de 2022
Résidence fiscale émirienne.
Federal Tax Authority, certificats fiscaux
Pièces, frais et délais du Tax Residency Certificate.
Décision du Conseil des ministres n° 49 de 2023
Activités des personnes physiques et seuil d'un million de dirhams.
impots.gouv.fr, je pars vivre à l'étranger
Déclaration de l'année du départ, service des non-résidents.
impots.gouv.fr, exit tax
Seuils, sursis et dégrèvement de l'article 167 bis.
impots.gouv.fr, calcul de l'impôt des non-résidents
Taux minimum et taux moyen.
impots.gouv.fr, vente d'un bien par un non-résident
19 %, prélèvements sociaux, représentant fiscal.
BOFiP, article 209 B
Et, pour les particuliers, l'article 123 bis.
Cleiss, accords de sécurité sociale
La liste des pays liés à la France.
Caisse des Français de l'étranger
Maladie, accidents du travail, retraite.
Votre société et votre résidence aux Émirats, en règle
Société, visa, Emirates ID, enregistrement fiscal : nous menons la partie émirienne. La question française se règle avec votre avocat fiscaliste, avant le départ.
L'impôt de votre société est détaillé sur la page fiscalité d'une société aux Émirats. Ce qui se fait à distance est trié sur créer sa société depuis la France. Pour une résidence longue sans sponsor, voyez le golden visa, et pour venir avec conjoint et enfants, s'installer à Dubaï en famille.
À lire aussi : les démarches pour quitter la France.
Protection sociale
CSG, CRDS et sécurité sociale : la CFE
Les prélèvements sociaux français (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité) continuent de frapper le patrimoine situé en France, loyers et plus-values immobilières : 17,2 % sur la plus-value d'un résident hors Union européenne, selon impots.gouv.fr. Côté protection sociale, aucun accord de sécurité sociale ne relie la France aux Émirats.
La liste du Cleiss compte une quarantaine d'accords bilatéraux de sécurité sociale : les Émirats n'y figurent pas. Sans cotisation volontaire, vos années à Dubaï ne comptent en principe pas pour votre retraite française. La Caisse des Français de l'étranger (CFE) propose une adhésion volontaire (maladie, accidents du travail et retraite pour les salariés) et une offre dédiée aux Émirats, conforme à l'assurance santé exigée localement.