Holding aux Émirats

Créer une holding à Dubaï : ce qu'elle permet, et ce que la France continue d'imposer

Une holding de free zone peut recevoir des dividendes et céder des participations sans corporate tax émirienne, sous des conditions précises. Pour un Français, cela ne règle presque rien : si la holding est dirigée depuis la France ou détenue par un résident français, la France garde la main. Voici les deux côtés, textes à l'appui.

Mis à jour le 15 octobre 2026 par Clément, de l'équipe Zone Setup

Lisez ceci d'abord. Zone Setup crée la société de free zone qui peut servir de holding. Nous ne sommes ni avocats fiscalistes ni experts-comptables : faites valider la structure par un avocat fiscaliste français avant de signer, et avant tout apport de titres.

Les formes possibles

Holding aux Émirats : de quoi parle-t-on ?

Une holding aux Émirats est une entité qui détient des participations. Trois formes existent : une société de free zone avec une activité de holding, une société « offshore » sans résidence, comme celles de RAK ICC, et une fondation, à DIFC, ADGM ou RAK ICC, plutôt tournée vers la transmission du patrimoine.

FormeCe qu'elle faitCe qu'il faut savoir
Société de free zone, activité de holdingDétient les titres de filiales, reçoit les dividendes, cède les participationsLicence, adresse dans la zone, corporate tax ; c'est ce que nous créons
Société offshore (par exemple RAK ICC)Détient des actifs, sans activité aux ÉmiratsPas de visa par elle-même ; RAK ICC n'enregistre que par agents agréés
Fondation (DIFC, ADGM, RAK ICC)Détient des biens séparés du fondateur, au profit de bénéficiairesPas d'activité commerciale au-delà de l'accessoire, selon la loi DIFC ; outil de transmission

Voyez aussi free zone, mainland et offshore, la structure holding RAK ICC et filiale en free zone dans créer une société à Ras Al Khaimah, et créer une société à Abu Dhabi.

Côté Émirats

Holding Dubaï free zone : ce que dit la corporate tax

Une holding émirienne est une société comme une autre : 9 % au-delà de 375 000 AED de bénéfice, statut QFZP sous conditions. Mais deux règles la concernent directement : les dividendes reçus de sociétés résidentes des Émirats sont exclus du résultat (article 22), et l'article 23 exonère les revenus d'une participation qualifiante, qu'elle soit française ou d'ailleurs.

Règles générales : impôt sur les sociétés à Dubaï. Les dividendes versés à l'étranger ne subissent aucune retenue émirienne : 0 % selon l'article 45, sauf décision du Conseil des ministres.

La participation exemption de l'article 23, conditions cumulatives

ConditionCe que dit le texte
DétentionAu moins 5 % des titres ou du capital, ou un coût d'acquisition d'au moins 4 000 000 AED (décision ministérielle n° 302 de 2024, exercices ouverts depuis le 1er janvier 2025)
DuréeDouze mois sans interruption, détenus ou que l'on a l'intention de détenir ; à défaut, le revenu exonéré est réintégré
Imposition de la filialeUn impôt de même nature que la corporate tax, à un taux d'au moins 9 % ; une filiale française y satisfait
Droits économiquesAu moins 5 % des bénéfices distribuables et du boni de liquidation
Actifs de la filialeAu plus 50 % de participations qui n'auraient pas elles-mêmes ouvert droit à l'exemption

Sont alors exclus du résultat les dividendes, les plus-values de cession après douze mois, et les écarts de change et dépréciations sur la participation. Pas les dividendes que la filiale déduit chez elle.

Statut QFZP

QFZP et revenus qualifiés : où se place une holding ?

La décision ministérielle n° 229 de 2025 range la « détention de titres à des fins d'investissement » parmi les activités qualifiées, à condition de les garder douze mois d'affilée. Un QFZP peut donc être imposé à 0 % sur ces revenus. L'intérêt est surtout là où l'article 23 ne joue pas, par exemple une participation sous 5 %.

La substance, condition de tout le reste

La décision n° 100 de 2023 (article 8) exige que les activités génératrices de revenus soient exercées dans la free zone, avec des actifs, des salariés qualifiés à temps plein et des dépenses à la mesure de l'activité.

Ce que le statut n'absorbe pas

Selon la Federal Tax Authority, les redevances ou frais de gestion facturés aux filiales ne relèvent pas de la détention de titres, ni le négoce actif. Le statut suppose des comptes audités.

Une holding sans bureau réel ni salarié, décidée depuis Paris, n'a pas la substance requise : 9 % au-delà de 375 000 AED sur ce que l'article 23 n'exonère pas. C'est aussi le profil que le fisc français requalifie.

Avec Zone Setup

Créer une holding à Dubaï : comment ça se passe ?

Nous créons la société dans une free zone des Émirats du Nord, que nous vous nommons dès le premier échange. Dans notre liste, l'activité de holding (code 6420011, « Activities of holding companies ») doit être la seule activité de la licence. La société est une FZE-LLC avec un associé, une FZC-LLC avec plusieurs.

Le reste suit le parcours de création d'une société : approbation de sécurité, statuts signés en ligne, licence en 48 heures ouvrées à dossier complet, enregistrement à la corporate tax. Le prix est confirmé par écrit avant tout paiement. Un visa de résidence aussi ? Dites-le d'emblée : la licence de holding étant mono-activité, nous cherchons avec vous la structure la plus simple.

  • Nous ne concevons pas de montage et ne donnons pas d'avis sur votre imposition française
  • Les comptes, l'audit et la déclaration annuelle relèvent de la comptabilité, pas du forfait de création

Côté France

Holding Dubaï France : ce que la France continue d'imposer

Tant que vous êtes résident fiscal français, une holding émirienne ne fait pas sortir vos revenus du champ français. Si vous la dirigez depuis la France, elle peut y être imposée comme une société française. Sinon, les articles 209 B et 123 bis du code général des impôts permettent d'imposer en France ses bénéfices, même non distribués.

Une holding dirigée depuis la France est imposée en France

L'administration retient le siège réel, là où se concentrent en fait la direction et le contrôle : une société au siège statutaire étranger dirigée depuis la France y est assujettie à l'impôt sur les sociétés pour l'ensemble de ses activités (BOI-IS-CHAMP-60-10-20). L'article 4, paragraphe 3 de la convention tranche la double résidence en faveur du siège de direction effective. Décisions prises chez vous à Lyon, contrats signés à Paris : ces faits pèsent plus qu'une licence émirienne.

Article 209 B : la société française qui détient

Une société française à l'impôt sur les sociétés qui détient plus de 50 % d'une entité étrangère à régime fiscal privilégié (5 % dans certains groupes) est imposée sur ses bénéfices. Est privilégié, au sens de l'article 238 A, un impôt inférieur de 40 % ou plus à l'impôt français. Hors Union européenne, elle tombe si la société prouve que l'entité n'a pas pour objet principal d'y loger des bénéfices, ce qu'une activité industrielle ou commerciale effective présume. Une holding passive le prouve difficilement.

Article 123 bis : le particulier qui détient

Un particulier domicilié en France qui détient au moins 10 % d'une entité établie hors de France, soumise à un régime fiscal privilégié et dont l'actif est principalement financier, est imposé sur sa part de ses bénéfices. Une holding émirienne qui ne détient que des titres et de la trésorerie remplit la condition d'actif.

Nuance du BOFiP : exonérer les dividendes de participation et les plus-values à long terme ne rend pas, à lui seul, un régime privilégié. La comparaison porte sur l'impôt dû sur les bénéfices : c'est un calcul de fiscaliste.

Convention de 1989

Dividendes et plus-values entre la France et les Émirats

L'article 8 de la convention réserve l'impôt sur les dividendes au pays de résidence de leur bénéficiaire effectif. Mais l'article 11 laisse à la France la plus-value sur une participation de plus de 25 % dans une société française, et l'article 18 lui permet d'appliquer ses règles anti-évasion à ses résidents.

FluxCe que prévoit la conventionCe qu'il faut vérifier
Dividendes d'une société française à la holding émirienneImposables aux seuls Émirats si la holding en est le bénéficiaire effectif (art. 8)À défaut, retenue française de 25 % ; la holding doit être résidente et réelle
Plus-value de la holding sur plus de 25 % d'une société françaiseImposable en France (art. 11, § 3)La holding n'y change rien
Dividendes d'une filiale émirienne à une holding françaiseImposables en France (art. 8)Régime mère-fille possible : 5 % du capital, deux ans, quote-part de 5 % ; 209 B en réserve
Dividendes de la holding émirienne à vous, résident françaisImposables en France (art. 8)Barème ou prélèvement forfaitaire unique, comme tout dividende

Les Émirats ne figurent pas sur la liste française des États et territoires non coopératifs, mise à jour par l'arrêté du 15 avril 2026. Sinon, le régime mère-fille serait exclu et la retenue portée à 75 %. Ne pas y figurer ne protège d'aucune des règles ci-dessus.

Abus de droit

Abus de droit et mini-abus de droit : le risque d'une holding sans raison d'être

L'article L. 64 du livre des procédures fiscales vise les montages à but exclusivement fiscal, avec une majoration de 40 % ou 80 %. Depuis 2021, l'article L. 64 A vise ceux dont le motif principal est fiscal ; pour l'impôt sur les sociétés, c'est l'article 205 A du CGI. Une holding doit donc avoir une raison économique.

La convention multilatérale de l'OCDE refuse aussi tout avantage conventionnel dont l'obtention était l'un des objets principaux d'un montage. Une raison économique se documente : regrouper des filiales, préparer une transmission, réinvestir depuis le pays où l'on vit vraiment. Payer moins d'impôt en France n'en est pas une.

Article 167 bis du CGI

Apport de titres à une holding et exit tax

Apporter les titres de votre société française à une holding contrôlée peut placer la plus-value en report d'imposition (article 150-0 B ter), sous conditions. Mais le transfert de votre domicile fiscal hors de France met fin à ce report : la plus-value devient imposable au départ, dans le cadre de l'exit tax, avec un sursis de paiement possible.

L'exit tax vise le contribuable résident français six des dix années précédant son départ, qui détient des titres d'au moins 800 000 € ou au moins 50 % des bénéfices d'une société. Apporter avant le départ, après, ou pas du tout : l'ordre change l'impôt et se décide avec l'avocat, des mois avant. Voyez quitter la France pour Dubaï et les impôts d'un Français à Dubaï.

En un tableau

Ce qui change, et ce qui ne change pas

Tout dépend de votre résidence fiscale. Résident français, vous gardez l'impôt français sur ce que la holding gagne ou vous verse, souvent sur la holding elle-même. Devenu vraiment résident émirien, la holding relève du droit émirien, mais la France garde ses droits sur vos biens et sociétés françaises.

PointVous restez résident françaisVous devenez résident des Émirats
Où la holding est imposéeEn France si vous la dirigez de FranceAux Émirats si elle y est réellement dirigée
Bénéfices non distribuésImposables chez vous ou chez votre société française (123 bis, 209 B)Le 123 bis ne vous vise plus ; le 209 B vise encore une société française qui détiendrait la holding
Dividendes que la holding vous verseImposés en FranceImposables aux Émirats, qui n'ont pas d'impôt sur le revenu
Plus-value sur plus de 25 % d'une société françaiseImposée en FranceToujours imposable en France (art. 11, § 3)
Titres apportés ou détenus au départSans objetExit tax si les seuils sont atteints
Corporate tax de la holding9 % au-delà de 375 000 AED, sauf revenus exonérés (article 23) ou qualifiés d'un QFZP

Devenir résident émirien ne se décrète pas : la France regarde foyer, activité et intérêts économiques. Vous partez de Belgique ou de Suisse ? Voyez depuis la Belgique et depuis la Suisse.

Une holding n'est pas un moyen de ne plus payer d'impôt

Nous créons la société qui servira de holding, l'enregistrons à la corporate tax et tenons sa licence à jour. Nous ne vous dirons pas qu'elle vous fera échapper à l'impôt français : pour un résident de France, les règles ci-dessus disent le contraire.

Venez avec l'avis écrit de votre avocat fiscaliste, ou prenez un rendez-vous pour la partie émirienne.

FAQ

Questions fréquentes

Comment créer une holding à Dubaï ?

En créant à distance une société de free zone avec l'activité de holding, seule sur la licence chez nous, puis en l'enregistrant à la corporate tax. Faites d'abord valider la structure par un avocat fiscaliste.

Une holding à Dubaï paie-t-elle des impôts ?

Oui : 9 % au-delà de 375 000 AED de bénéfice. Ses dividendes et plus-values de participations peuvent être exonérés par l'article 23, sous conditions. Elle s'enregistre et déclare même si elle ne doit rien.

Peut-on avoir une holding à Dubaï et vivre en France ?

Oui, mais dirigée depuis la France, elle risque d'y être imposée comme une société française. Et ses bénéfices peuvent être imposés chez vous (article 123 bis) ou chez votre société française (article 209 B), même non distribués.

Une holding aux Émirats évite-t-elle l'impôt français sur la vente de ma société ?

Pas pour plus de 25 % d'une société française : la convention laisse la plus-value à la France. Et un apport juste avant la vente ou le départ est ce que visent l'abus de droit et l'exit tax.

Les Émirats sont-ils un paradis fiscal pour la France ?

Ils ne sont pas sur la liste française des États non coopératifs (arrêté du 15 avril 2026). Mais une entité émirienne peut relever d'un « régime fiscal privilégié » (article 238 A), ce qui ouvre les articles 209 B et 123 bis.

Sources

Les sources

Consultées le 15 octobre 2026. Elles font foi plus que cette page ; les textes émiriens sont en anglais.

Décret-loi fédéral n° 47 de 2022, version consolidée

Résidence (art. 11), QFZP (art. 18), revenus exonérés (art. 22 et 23), retenue à la source (art. 45), anti-abus (art. 50).

Décision ministérielle n° 302 de 2024

Participation exemption, seuil de 4 000 000 AED.

Décision n° 100 de 2023

Revenu qualifié, substance (art. 8).

Décision ministérielle n° 229 de 2025

Détention de titres à des fins d'investissement, douze mois.

Federal Tax Authority, guide des Free Zone Persons

Redevances et frais de gestion, négoce de titres.

Convention France-Émirats du 19 juillet 1989, version consolidée

Résidence (art. 4), dividendes (art. 8), plus-values (art. 11), article 18, convention multilatérale.

BOFiP, article 123 bis

Particuliers détenant au moins 10 %.

BOFiP, BOI-IS-CHAMP-60-10-20

Siège réel et siège de direction effective.

Arrêté du 15 avril 2026

Liste des États et territoires non coopératifs.

La société de free zone qui servira de holding

Licence, adresse, corporate tax : nous menons la partie émirienne. L'impôt français se valide avec votre avocat fiscaliste, avant la création.

À lire aussi : créer sa société depuis la France, créer une société à Ajman, ouvrir un compte bancaire, s'installer à Dubaï.